Christian Gaudin

Expériences d’un parlementaire en Antarctique

Bienvenue aux bloggers passionnés par le grand froid !

Dès le 21 novembre, je vous invite à partager avec moi 5 semaines de mission scientifique en Antarctique, sixième continent, grand comme une fois et demi la Chine.

Pourquoi un parlementaire du Maine et Loire s'est-il embarqué dans cette aventure ? Par passion pour la recherche ! Avant d'être élu sénateur UDF j'ai été chercheur universitaire. Alors, naturellement les sujets dans lesquels je me suis investi au Sénat concernent l'industrie, la recherche, l'innovation.

Ce lundi 21 novembre, je m'envole en destination du pôle sud jusqu'au 25 décembre prochain…Parrainé par l'institut français polaire Paul Emile Victor (IPEV) je rejoindrai la station américaine Mc Murdo puis la station italienne Terra Nova et enfin j'irai à Concordia la nouvelle base scientifique franco-italienne située au milieu de l'Antarctique. Par la suite, je ferai un raid de 1200 km sur des engins à chenilles pour atteindre la base française de Dumont D'Urville à raison de 100 kms par jour. Le retour vers l'Australie s'effectuera par bateau brise- glace "l'Astrolabe" après 6 à 7 jours de traversée.

Pourquoi faire cette expédition maintenant ?

1. parce qu'elle est l'objet du programme de recherche EPICA, franco-italien.
2. parce que je serai appelé à rédiger à mon retour un rapport sénatorial en partenariat avec l'office parlementaire des choix scientifiques et technologiques dans la perspective de 2007, 4ème année polaire internationale,
3. parce que l'Europe doit faire avancer le projet d'une agence polaire européenne,
4. parce que c'est une expérience unique !

Station Concordia, 04 décembre 2005.
Plateforme pour instruments d'astronomie fabriquée par
les Ateliers Perrault à Saint-Laurent-de-la-Plaine dans
le Maine-et-Loire.
Quels seront les sujets d'étude de mon périple ?

La glaciologie : La France a pris pied dès 1841 en Antarctique. Elle est devenue leader du carottage glaciaire. L'objectif de notre séjour sera l'analyse rétrospective de l'évolution des climats durant les 800 000 dernières années à partir d'une carotte retirée à quelques mètres du socle glaciaire au printemps dernier.
L'astro physique : l'Antarctique est le continent où la couche d'ozone est la plus mince, ce qui permet une formidable observation des astres ! C'est d'ailleurs depuis la base américaine de Ramundsen qu'on prépare la conquête de Mars…
Le comportement de l'humain quand il évolue en milieu extrême (froid, blizzard) et confiné
L'innovation technique et technologique nécessaire à la conduite de ces activités scientifiques dans les conditions les plus extrèmes de notre planète.

05 janvier 2006

Bonne et Heureuse Année 2006 !


23 décembre 2005

Sur le chemin du retour.

Ce matin à Hobart, c'est impressionnant de retrouver la nature, les habitations, le relief, et le trafic pour aller en ville. Je quitte donc définitivement la combinaison polaire pour retourner à des activités plus habituelles pour moi. J'ai un planning de travail pour différents rendez-vous avec le secrétaire exécutif du COMNAP (Council of Managers of National Antarctic Programs), Monsieur Antoine Guichard, qui est franco-australien et dont les bureaux sont en Tasmanie. Je dois aussi rencontrer les représentants de l'organisme australian homologue de l'IPEV, l'AAD (Australian Antarctic Division), ainsi que ceux du ministère du Développement économique et de la Culture, en charge des questions polaires. Je m'envolerai ensuite pour Sydney et Paris. Après un peu de repos, je reviendrai sur le blog pour vous faire part de mes impressions sur cette odyssée polaire.
J'espère avoir fait partager mon enthousiasme à tous les internautes qui m'auront fait l'honneur de me lire, sur ces questions d'environnement, de climatologie et de recherche scientifique française en Antarctique dont les enjeux nous concernent tous.
En cette veille de Noël, je vous souhaite à toutes et à tous de très bonnes fêtes de fin d'année et vous dit à très bientôt.

22 décembre 2005

Arrivée à bon port à Hobart.

Dans la nuit du 20 au 21 décembre, la bateau a atteint les 50èmes hurlants et les 40èmes rugissants par grosse mer. Je suis donc resté dans ma cabine en essayant tant bien que mal de me reposer un peu, mais je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Au lever du soleil, nous avons aperçu les côtes de Tasmanie.

20 décembre 2005

Des nouvelles depuis l'Astrolabe

11h44 : je suis en mer depuis maintenant trois jours. Nous avons quitté les glaces depuis 24 heures. Tout va bien. Il n'y a pas de tangage et l'océan est calme. Nous sommes 41 passagers à bord dont 1 médecin.

Arrivée prévue à Hobart : jeudi 22 décembre 2005.

19 décembre 2005

Remerciements à l'IPEV.

Je ne peux passer sous silence, le courage, l'opiniatreté de tous ceux qui depuis 1957 se battent pour faire avancer la connaissance en acceptantde vivre l'extrème. Cette épopée est rendue possible aujourd'hui par les moyens logistiques et la haute technicité que développe le personnel de l'IPEV, l'Institut Polaire Francais Paul Emile Victor, tout au long de l'année pour réussir ce pari scientifique. Je les remercie très sincèrement de ce qu'il m'ont fait découvrir : la performance des hommes et de la technologie.

18 décembre 2005

Adieu l'Antarctique, retour par l'Australie.

Avec une bonne partie des hivernants, je vais retrouver des continents moins hostiles. De la base de Durmont d'Urville on ne peut regagner les continents que par la mer. Cette traversée de près de 3000 kms s'effectue avec l'Astrolabe, bateau brise-glace, en 6 jours. Ce bateau a la triste réputation d'être très inconfortable. Cela s'explique car il a le fond plat, profil nécéssaire pour affronter ,comme à cette époque, les glaces qui se détachent de la banquise et dont les plus gros blocs sont les icebergs. Par contre lorsqu'en deuxième partie du parcours on affronte les 50ème hurlants et les 40ème rugissants le bateau roule ce qui est difficile pour le passager qui n'a pas le pied marin.
On gardera le spectacle des deux premiers jours, qui obblige le bateau a faire des contorsions entre les icebergs, ce qui est d'après les connaisseurs, le plus beau des clichés pour celui qui ,comme moi, portera un dernier regard sur l'Antarctique. Enfin l'arrivée au port d'Hobart en Tasmanie et l'on retrouve la civilisation avant de rejoindre Sydney puis Paris.

17 décembre 2005

Equipements et instrumentation.













Les recherches scientifiques conduites sur la base Dumont d'Urville concernent principalement la biologie marine et s'effectuent auprès des colonies de manchots. Les autres thèmes de recherche se font autour de la physique de l'atmosphère notamment sur les aérosols.
(photos : relévés quotidien des données magnétiques et sismologiques ; radio-sondage des couches atmosphériques).